« avec Alexander Grothendieck. Contre la fin du monde ». Par Aurélien Barrau, Éditions Les Liens qui Libèrent, janvier 2026. Pages : 254. Prix : 19,50 euros.
Mathématicien français né à Berlin en 1928 de mère journaliste anarchiste et de père ukrainien également anarchiste, il a été longtemps apatride, sa nationalité française ne datant que de 1971. Il est décédé en 2014 à Saint Giron. Il a reçu la médaille Fields, l’équivalent d’un « Prix Nobel » pour les mathématiques. Il est considéré comme un des meilleurs mathématiciens du XXe siècle.
Cet essai n’est pas destiné à exposer la vie et l’œuvre d’Alexander Grothendieck « mais à mettre en résonance mes propres préoccupations avec ses géniales intuitions et ses courageuses résolutions » écrit Aurélien Barrau. Et en effet, on retrouve une convergence générale de vue entre le mathématicien génial, antimilitariste et engagé dans un humanisme profond ainsi que dans ce que nous pourrions appeler une sorte « d’écologie politique », et l’astrophysicien théoricien qu’est l’auteur.
Alexander Grothendieck, comme trop peu de scientifiques à l’époque et même encore trop peu aujourd’hui, avait une vision prémonitoire de la direction désastreuse que prenait notre monde. Il s’insurgeait contre la doxa du moment, le bellicisme, l’injustice, le colonialisme, …
Il souhaitait une ouvertures aux autres cultures que la culture occidentale. Il voyait la plupart des scientifiques imbus de leur personne, dénonçait leur propension à se flatter de leurs médailles et de leurs récompenses, de leur capacité « d’obéissance aux ordres » (alors que leur métier est justement de penser « hors de l’ordre »). Aurélien Barrau écrit « Il remarquait aussi, non sans ironie, que l’armée et la police sont généralement les premières à imaginer des usages détournés pour les découvertes scientifiques. »
Alexander Grothendieck était enseignant, poète, chercheur, révolté… et il aurait voulu sauver la monde !
Comme l’indique Aurélien Barrau en préambule, il n’y a aucune mathématique dans cet essai. Nous entrons par contre pleinement dans un monde où un être humain génial et tourmenté prend conscience de la nécessité de voir et de changer le monde que nous menons à sa perte, anéantissement biologique, guerres, injustices, etc. Une bonne leçon, tout autant (ou plus encore) d’actualité aujourd’hui, mais qui l’écoutera ?
