de Olivier Rey, Éditions Gallimard, collection « Tracts » n° 71, octobre 2025. Pages : 61. Prix : 3,90 euros.
Mise en avant il y a peu par le Président Emmanuel Macron et son « réarmement démographique », la dé-fécondité semble poser problème dans nos sociétés dites « modernes ». Ce n’est pas une nouveauté, rappelons-nous ces dirigeants qui souhaitaient que chaque couple ait au moins un enfant pour la patrie, un autre « pour la femme » et un « pour l’homme »… (XXe siècle, Australie, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres).
Une nouvelle étape a été franchie en 2025 en France avec, pour la première fois depuis la dernière Guerre Mondiale, un peu moins de naissances que de décès. L’auteur, mathématicien et philosophe (CNRS), cherche à expliquer dans cet essai le pourquoi de cette situation de refus d’enfant qui semble se généraliser. Il estime pourtant qu’avoir des enfants n’est pas aussi déraisonnable que la doxa du moment le laisserait penser. Au contraire, même, il semble penser qu’une grosse crise de la natalité pourrait même mener à la disparition de l’humanité… il termine par « Et il appartient à la vie, par essence, de se transmettre. ».
Il détaille les évolutions de la situation au fil du temps. La natalité était autrefois importante, mais la mortalité infantile et en couche l’était également ! De même, la religion était très présente et poussait à procréer. Néanmoins depuis longtemps, indique-t-il, certains prédisaient que la nourriture sur terre n’était pas infiniment disponible. Supposition prémonitoire, car au XXe siècle la population mondiale est passée de 1,5 à 6 milliards d’individus, tandis que la consommation moyenne par habitant augmentait également. Olivier Rey note que notre mode de vie s’appuie sur une prédation de l’environnement et de ses ressources. Il précise qu’aujourd’hui il est impossible « de faire la distinction entre l’utile et le superflu » car « Les gadgets sont indispensables pour tolérer une société de plus en plus impersonnelle. »
La vie actuelle est telle qu’avoir un enfant représente une charge énorme, principalement encore portée par beaucoup de femmes. De plus, dans le monde actuel, l’auteur écrit « Quant aux parents, ils se trouvent pris en tenaille : accusés de ne pas savoir éduquer leurs enfants quand ceux-ci se tiennent mal, d’être des tyrans s’ils sévissent. »
Les jeunes générations seraient moins portées sur le sexe. Jeux vidéo, écrans,… portent probablement une large responsabilité à cet état de fait. Les sociétés traditionnelles sont stables, les sociétés modernes dans lesquelles nous baignons sont en constante évolution, entraînant inquiétude et manque de visibilité sur l’avenir.
A cela, il faut ajouter que la grossesse est souvent traitée… comme une maladie ! Et, parfois, avoir un animal de compagnie est prévu comme solution au désir d’absence d’enfant.
Cet essai nous propose un tour d’horizon intéressant présentant les arguments et les contre-arguments pouvant expliquer la dénatalité actuelle. Allons nous vers une extinction de l’humanité, à terme, ou, écrit Olivier Rey si : « Les enfants qui naissent apportent avec eux la raison de leur présence », alors il est possible d’estimer que l’humanité va perdurer encore un bon moment.
