« Comment l’agroforesterie peut transformer l’agriculture », de Alain Olivier, Éditions écosociété, février 2026 (4ème trimestre 2025 au Canada). Pages : 332. Prix : 24 euros.

 

Petites surfaces cultivées en espèces variées, haies, arbres divers, fermes à taille humaine, tout cela ne date pas de si longtemps. C’est l’arrivée des machines qui a rapidement imposé des champs nus, immenses et en monoculture, l’utilisation d’engrais, de pesticides, dont on voit les effets néfastes aujourd’hui sur la biodiversité, et même sur la santé des agriculteurs(trices), ainsi que sur la qualité (bien médiocre) des espèces nouvelles aux rendements élevés.

Pourtant, nos ancien(ne)s avaient des connaissances traditionnelles bien adaptées aux environnements dans lesquels iels travaillaient, grâce à une expérience de terrain basée sur des siècles d’observations.

Alain Olivier, professeur à l’université Laval du Québec, est spécialiste en agroforesterie. Il a étudié ce mode de culture par des voyages dans le monde entier (Afrique, Europe, Asie, Amérique latine, Amérique du nord), et il nous décrit dans cet ouvrage les différents avantages (surtout) et inconvénients (peu importants en réalité) de ce type de pratique.

Il nous parle d’agroforesterie (qui n’est pas obligatoirement « bio » et sans intrants chimiques) et d’agroécologie. Il nous montre qu’arbres, cultures, et animaux sont associés pour le meilleur ! Les séparer ne fait que nuire aux uns et aux autres. Installer arbres et végétation dans les champs, les jardins, ne fait pas que piéger le carbone de l’air, cela permet également d’améliorer les sols (humus), d’aider à la vie microbienne et à la biodiversité en général, de conserver l’eau, de lutter contre l’érosion (éolienne en usage de brise-vent, par l’absorption de l’eau), etc.

Dans certaines régions, l’utilisation en est multiple par les habitants, pour se nourrir (fruits,…), pour se chauffer, construire, fabriquer des outils, produire des micro-climats, etc. De plus, en certains endroits, l’arbre a un aspect symbolique ou religieux (forêts sacrées).

Des chapitres abordent des exemples variés tels que « cultiver la forêt », « cultiver la savane », « cultiver le désert », « élever parmi les arbres », …

Ce livre est passionnant et instructif (de plus il est illustré par de nombreuses photos couleur). Il nous montre que des techniques ancestrales peuvent résoudre des problèmes que les techniques modernes ont produites. L’avenir n’est probablement pas au tout industriel, tout économique. L’agroforesterie (et l’état d’esprit qui l’entoure en général) pourrait vraisemblablement être un moyen de nourrir de nombreuses populations aujourd’hui affamées. Et de recréer du lien local.