de Luca Greco, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, décembre 2025. Pages : 278. Prix : 10 euros.

 

Se poser des questions sur le genre est aujourd’hui d’actualité, d’autant plus que cette notion comporte encore beaucoup de flou, chacun y voyant sa propre évidence. Le genre s’accompagne de nombreux a priori et des usages forts contradictoires lui sont liés. Il n’est donc pas surprenant que des universitaires s’y intéressent et tentent de clarifier les choses.

L’auteur s’efforce de cerner, à partir d’exemples détaillés, de quoi le genre serait fait… « le corps du genre » s’exprime ici selon lui comme une « corporalité » constituée du corps associé aux objets qui lui sont liés : vêtements, nourriture, technologies, … et même la Terre ou le climat ! Y a-t-il une frontière nette entre l’humain et le non-humain s’interroge-t-il ? Le genre est-il constitué de matière ou seulement de langage ?

Luca Greco s’appuie sur des études queer, les luttes féministes, les rapports sociaux « de sexe », les classes « de sexe », prend l’exemple des travestis (à ne pas confondre avec les drag queens), interroge la virilité, le nationalisme, analyse le statut du fœtus, les familles qui organisent des fêtes pour annoncer le sexe de leur futur enfant, etc.

Cette recherche (il ne s’agit pas de vulgarisation), est originale de part les sujets traités, et elle intéressera particulièrement les passionné(e)s de sciences sociales. Luca Greco termine par « le genre se détache peu à peu de l’humain pour s’imbriquer, nouer des relations avec des subjectivités non humaines ou inhumaines (…). » Il serait constitué de multi-assemblages surprenants qui déconstruisent ne nombreuses idées-reçues.