Roman de Roland Portiche, Édition Fayard, avril 2026 . Pages : 359. Prix : 21,90 euros.

 

Ah, le voyage dans le temps… que ce soit dans le futur ou dans le passé, des scientifiques se sont penché sur le problème, et, avec les connaissances d’aujourd’hui le temps semble bien avoir « une flèche » qui nous empêche de revenir espionner nos ancêtres (le contraire laisserait d’ailleurs penser que le passé existe encore…). Et concernant le futur (voir ce que deviendront nos enfants par exemple) ce serait encore pire car cela voudrait dire que le futur existerait déjà (ce qui serait bien triste !). Mais rien n’empêche les auteurs de science fiction d’imaginer « l’impossible » (combien de fois l’impossible est-il devenu ensuite possible dans l’histoire de l’humanité).

Le roman de Roland Portiche ne prétend pas que son « chronoviseur/chronoprojecteur » capable de voir, et de projeter des avatars en hologrammes dans le passé, soit basé sur des connaissances scientifiques sérieuses. Il s’agit bien d’une fiction.

Partant de personnages réels d’aujourd’hui (géants de la tech libertariens, pape Léon XIV, etc.) viennent se greffer des personnages imaginaires, un méchant russe émigré en Laponie, aux ordres de grands milliardaires souhaitant l’établissement de dictatures, une spécialiste de physique quantique/un peu aventurière ukrainienne et un prêtre physicien, ces derniers devant sauver les modèles politiques démocratiques du monde actuel.

Depuis le Vatican, le chronoviseur montre les tentatives des méchants de transformer le passé, donc le présent, par des interventions du russe Dmitri Voronov auprès du Christ dans sa jeunesse, de Pilate lors du choix à faire entre la crucifixion du Christ ou de Barabbas, entre autres.

Le père Christopher Marx et Nastia Bondarenko devront envoyer leurs propres avatars pour tenter de contrer les efforts maléfiques des milliardaires souhaitant dominer le Monde.

Dans la « vrai vie », le père bénédictin Pellegrino Ernetti a vraiment existé (1925-1994). Il était moine, musicologue, inventeur, physicien (?), et aurait fabriqué une machine, le « chronoviseur », capable d’entrer en contact sonore avec des personnes décédées depuis des siècles… L’engin serait caché dans les caves du Vatican sur l’ordre de Jean-Paul II !

Cette légende associée à « physique quantique » (que l’on met aujourd’hui à toutes les sauces : philosophie, spiritualité...) permet à l’imagination de travailler sans limite. A partir de cela, Roland Portiche a réalisé ici un roman passionnant qui se lit d’un trait, premier volume d’une trilogie à venir. Vivement la suite !